Les icônes

Les icônes s’éteignent une à une, emportant avec elles leur solitude. Elles laissent derrière elles un tapage dans lequel on se blottit, la fadeur d’un hommage. Les icônes ont été des images. Elles ont parfois dû sacrifier leurs yeux. Elles les ont emportés avec leur solitude.

Les icônes ont incarné des rêves plus grands qu’elles, qui les ont dévorées. Elles ont été déformées par les mensonges qu’on a fait courir sur elles. Elles ont allumé des espoirs et des clameurs devenues orphelines.

Quand elles s’éteignent, on est finalement seul avec sa tristesse. Même s’il y a des cierges aux fenêtres, c’est comme rentrer chez soi seul dans la nuit. On ferme les yeux , les souvenirs comme des flammes.

On les rouvre et c’est le matin. La torpeur d’un été qui ne finit pas. On se sent glacé. mais le jour est nouveau. Le souffle des icônes, on le devine derrière le dos, ou même dans les poumons encrassés. Sur la place où mènent les ennuis, l’écorce des arbres est traversée par un trait de soleil. Le tintement des tasses de café. Les soucis que les passants se traînent.

On vit encore. Avec les ennuis. Avec le son soudain douloureux d’un violon. Mais avec un ami qui est venu. On l’aime. On est là, et l’icône n’est plus. On se dit qu’il faut avoir un peu de son souffle en soi. Lui redonner des yeux.

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