orage à Tunis

Après la pluie
électrique
la lumière est
presque sombre
le mur a été taché
de grosses gouttes
lourdes
ont tracé des auréoles
et quelques filets
elles ne se sont pas attardées
retenues par
les nuages qui s’acheminent
vers l’Est
la soif des terres à étancher

les nuages lourds de pluie m’avaient manqué<

au loin
le bruit d’un avion
comme le bruit de l’orage
en moi
les souvenirs des amours de tempête
de la petite pluie fine et amère
des abandons

de tout cela les nuages sont chargés
filent vers d’autres contrées

l’histoire reprend
après l’été immobile de moiteur
la chaleur comme un étouffoir
voilant l’avenir
l’avenir reprend
avec la pluie
et le vent pénètre
l’appartement vide

je regarde la lumière s’éclaircir
puis s’épaissir
et s’ouvrir encore
au creux des nuages
lourds de pluie
la lumière changer comme un sourire
qui s’initie, se révèle et se fige

la lumière d’orage est comme
le temps
s’échappe

soudain
l’appel à la prière s’élève
et résonne
au loin
les portes grincent et claquent
presque doucement
les voix distordues
des hauts parleurs
se font écho
sans qu’on puisse distinguer
les mots
ressemblent à des complaintes

dieu est grand
et l’orage est doux
comme la nostalgie
des gouttes
qui ne tombent pas