Rêve

La nuit. Tu rêves.

Des hommes se succèdent dans ton lit pour caresser ton corps en te dévoilant un peu d’eux-mêmes. A certains tu donnes un morceau de ton cœur. Tu le caches dans leur poche quand ils sont assoupis, sans rien leur dire.

Au matin les baisers qu’ils ont déposés sur ton corps s’enfuient dans les canalisations avec l’eau sale de la douche. Eux, ils jettent le sang séché des morceaux de ton cœur avec leurs paquets de clopes vides, leurs mouchoirs sales, leurs tickets de caisse inutiles, en vidant leurs poches.

Vient le soir et le rêve.

Les hommes de la nuit précédente se sont entendus ; ils reviennent ensemble, leurs yeux ne portent plus que la cendre de l’amour. Ils te crachent dessus et s’en vont sans un regard en arrière.

Au matin tu ne sais plus.

Ton corps est un champ de bataille qui ne t’appartient plus.

Terre inconnue.

Dans la rue, l’homme qui attend le bus, l’homme qui vent les sandwichs, l’homme qui fume sa cigarette, l’homme pense pouvoir faire glisser tes vêtements par la seule force de son regard, c’est pourquoi il l’appuie sur ton corps avec toute la lourdeur dont il est capable.

Tu suffoques, tu marches vite, tu cours.

Tu poursuis ta liberté sans jamais pouvoir l’atteindre.

C’est ton rocher, peut-être. Et toi tu es l’eau, tu glisses, tu t’écoules.

La nuit étend son voile. Et déploie le rêve. Tu cherches les morceaux de ton cœur dans les décharges. Tu cherches un visage-souvenir, et les mots que tu n’as pas su lui dire à temps.

Tout a disparu.

Et puis tu te réveilles.

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